Manouel Amor (Emmanuel Picaud)

Avant DBDGR, les talents d’orateur et littéraires de Manouel se limitaient aux exposés universitaires et aux courriers administratifs pour lesquels il montrait une certaine aisance. Si l’expérience radiophonique ne lui a pas vraiment permis d’évoluer, il tente néanmoins, passeur de métier, d’y faire briller les diamants qui composent le dispositif.

 

Coach Luc (Luc Jeand’heur)

Coach Luc – dit « Le Coach » – est un manager dans le droit héritage de la Causa mentale d’entraineurs mythiques comme Léonard de Vinci, et du chamanisme régressif comme Footix Nietzsche. Ses « chroquines » dispensent la parole neuro-linguistique, analytique, quantique et esthétique comme autant de placebos VAKOGs (Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif).

Dernier trait qui prouve qu’il a le football dans le sang et sa place dans le dispositif : il chante comme un pied.

 

Dondé (Vincent Lillo)

Parti de rien, Dondé n’arrive nulle part en 2013 lorsqu’il l’ouvre pour la première fois au sein du dispositif Des Bâtons dans Guy Roux. Impressionné par la taille du micro et frappé d’incertitudes, il lui faudra du temps pour faire comprendre aux auditeurs que ses bégaiements radiophoniques ne sont pas « que » des bégaiements radiophoniques, mais qu’ils constituent bel et bien une méthode, sans doute un peu trop mitchéenne pour l’époque.

 

Brett Sinclair (Julien Breta)

De son ascendance Brett Sinclair a délaissé les costumes et l’Aston Martin pour ne garder que le goût de l’ananas chaud au petit pois, de l’humour, et d’un certain dilettantisme qu’il déploie dans les studios enfumés de DBDGR, passant de conquêtes radiophoniques en naufrages silencieux. Du numéro 10 de son enfance il garde le plaisir de distribuer et de communier, et de prendre, le moment venu, le chemin tortueux des responsabilités et du dribble solitaire qui conduit autant à l’extase qu’à la boue visqueuse des champs de patates.

 

Le Docteur (Camille Le Masne)

Chorégraphe un temps versé dans la cartographie, il entame sa carrière en studio loin du front, bien planqué derrière ses acolytes, qui en profitent pour le rebaptiser trivialement Doc. Défenseur de la verve alors féline, le Docteur se réoriente après sa grossesse en canin gardien du temple arborant fièrement le bandeau de la justice. Son verbe s’efforce de panser les maux du sport, arrondi, à la manière du ballon dont il palpite, dégonflant fatalement en baudruche.

 

Le Shérif (Damien Morel)

Homme du Far West armoricain aussi bien que de la plaine phocéenne, Le Shérif aura tenté vaille que vaille de remettre ces hordes de outlaws du casque et du micro sévissant sans foi ni loi dans nos contrées footballistiques, dans le droit chemin du commentaire sportif. Adepte immodéré du jeu (de jambes) de la fameuse Lulu la Nantaise et de l’eau de feu, il demeurera à jamais le premier… à la buvette (son étoile d’argent en atteste) de tout ce que le bon Dieu de bon Dieu du ballon rond a construit de plus beau en guise de temples du cuir ! Parfois poor, souvent lonesome mais toujours en quête de son fidèle adjoint Magic sans qui il ne serait qu’un glaçon solitaire nageant tristement dans un verre à moitié plein.

 

Magic (Abdelkarim Douima)

Né dans les années 70 en Afrique, Magic-K a vécu une enfance heureuse sur sa terre d’adoption : le Comtat Venaissin. Encore petit garçon, il voulut montrer à sa maman le petit caca dont il venait de plomber le petit pot prévu à cet effet dans la cuisine. Il tira fièrement sa mama par la jupe mais lorsqu’il lui désigna le foyer fécal, il se rendit compte que la chose n’était plus ! Tout avait disparu et cela le plongea dans un profond trouble. C’est alors que sa mère, attendrie et attentive, se baissa à son niveau pour lui glisser à l’oreille : « tu sais mon fils, dans la vie, même les yeux peuvent mentir ». Cette phrase marquera pour toujours le destin de Magic-K qui n’aura de cesse alors de cultiver le mystère, les diableries et l’énigme, depuis les plateaux de théâtre, en passant par les stades de foot grâce à ses dribbles étonnamment chaloupés et jusqu’à la radio faisant preuve d’ubiquité à chaque émission.